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Ouvrage de JC TORRES

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Jean-Christophe Torres est le rédacteur en chef

de la lettre Cap Education 

Les-enseignants-photo-ouvrage-Torres-2013

Lundi 20 mai 2013 1 20 /05 /Mai /2013 23:05

http://www.enssib.fr/sites/www/files/styles/evenement_full_218_236/public/evenement/images/logo-conf-culture-num.jpg?itok=elxbwIK_Les 21 et 22 mai prochains, se tient à l’ENS de Lyon, une conférence nationale intitulée Cultures numériques, éducation aux médias et à l’information organisée par l'Inspection générale, la direction de l’enseignement scolaire et l’institut français de l’éducation (ENS Lyon). La volonté de l’Education Nationale de promouvoir une éducation aux médias et à l’information n’est pas récente, mais les transformations considérables survenues depuis l’essor des technologies numériques renouvellent nécessairement l’approche de cet enjeu de formation. « Le développement et la multiplication des médias d'information et de communication de masse rendent indispensable, et urgente, la formation des élèves à ces outils. Ce qui se joue ici, c'est d'abord la possibilité pour l'École de poursuivre ses missions traditionnelles d'instruction et d'éducation tout en restant ouverte sur le monde qui l'entoure. Mais c'est aussi sa capacité à s'approprier et à intégrer, en puisant dans son environnement immédiat, tout ce qui contribue à la formation de base des enfants et des adolescents qui lui sont confiés ». Mais, quand on dit ou écrit médias, de quoi parle-t-on ? Louise Merzeau, dans l’Abécédaire des Cahiers de médiologie, nous avertit : « Mass media : appareils de diffusion d’information, construits sur le modèle broadcast (un-tous), apparus avec les rotatives : presse grand public, radio, télévision. Internet en est-il ?  Oui (arrosage massif) ; Non (modèle un-un)» « Média (ou médias) : pluriel de « medium, à ne pas confondre avec mass-media » Qui pense encore aux mass médias quand on parle des médias? Des étudiants qui planchaient récemment sur un extrait du rapport de David Assouline - Les nouveaux médias : des jeunes libérés ou abandonnés ? - aucun d'eux n’a songé, en parlant des médias, à autre chose qu’aux réseaux sociaux, comme si les médias produits par des professionnels de la presse, élaborés par des journalistes, ne faisaient pas partie de leur cadre de référence culturel. Il y a donc déjà quelque chose de patrimonial dans l’organisation, chaque printemps, d’une Semaine de la Presse et des Médias dans l’Ecole.  

A cette occasion on voit en effet dans les écoles, collèges et lycées qui y participent, fleurir un kiosque, dans le hall, ou au centre de documentation et d’information, kiosque où sont disponibles des quotidiens nationaux et régionaux et de nombreux périodiques qu’on ne trouve au collège ou au lycée qu’à ce moment de l’année. Les élèves et les personnels peuvent alors librement feuilleter ces périodiques, comparer leurs contenus, représentatifs de la diversité des opinions en démocratie et de la riche diversité de la vie sociale, sportive et culturelle. On peut étudier les dépêches d’agence, s’exercer à l’écriture ou la photo de presse,  rencontrer un professionnel de la télévision, visiter le quotidien régional…Le kiosque de la semaine de la presse et des médias, avec ses périodiques imprimés, ne représente qu’une part de moins en moins représentative des moyens d’information. Il sera bientôt, au rythme où vont les choses, une reconstitution historique, dans le cadre du travail de la mission « mémoire et citoyenneté » de l’école. Les élèves comme les adultes ou les professionnels en recherche d’information, ne vont pas chercher prioritairement dans un périodique imprimé, mais plutôt sur Internet, en ayant recours le plus souvent au moteur de recherche le plus utilisé. Et désormais, le lecteur, l’auditeur, le spectateur, le public des organes de presse contribue à la co-construction de l’information par ses commentaires, ses blogs, élargissant ainsi les possibilités du débat démocratique dont la presse est un garant. Les réseaux sociaux constituent également un espace où l’information vérifiée comme la rumeur circulent, s’amplifient, structurent le temps médiatique et politique.

Dans la société de l’information, « apprendre à identifier, classer, hiérarchiser, soumettre à critique l’information et la mettre à distance, savoir distinguer virtuel et réel, être éduqué aux médias et avoir conscience de leur influence dans la société » constitue une capacité essentielle au jugement et à l’esprit critique que le socle commun de connaissances et de compétences ambitionne depuis 2006 de donner à chaque jeune français. Cette ambition est un impératif d’autant plus absolu que le monde des médias s’est profondément transformé. Pour la première fois, en 2008, on a mesuré que la durée moyenne passée par les 15-25 ans devant la télévision avait baissé de 18 à 16 heures par rapport à 1997, la baisse étant plus nette encore pour la radio (de 14,5 à 9 heures). Désormais, les nouveaux écrans sont un vecteur essentiel d’information, de communication et de loisir pour les français de toutes générations. L’éducation aux médias ne saurait donc se résumer ni à une semaine par an ni aux seuls organes de presse papier, radio, télévisuels et web. Elle ne saurait non plus relever, au collège et dans les lycées, de l’unique responsabilité d’un seul professeur, documentaliste notamment. Les apprentissages qui lui sont liés s’effectuent hors de l’école, en famille et dans le cadre de la sociabilité juvénile, et à l’école, en classe, dans la diversité des disciplines, au CDI, comme dans le cadre de la vie scolaire.

Des enseignants ou conseillers principaux d’éducation ont choisi de se former plus particulièrement en ce domaine avec le concours du Centre de liaison de l’Ecole et des médias d’information (CLEMI). C’est bien dans cette perspective que s’est inscrite  la DGESCO quand elle a publié en 2010 des Repères pour un parcours de formation à la culture de l’information, dans une approche où les médias d’actualité sont abordés dans un ensemble qui comprend aussi les moteurs de recherche, les bases de données documentaires, les centres de documentation et bibliothèques, mais aussi les besoins d’information, la recherche d’information, l’évaluation de l’information, l’utilisation éthique de l’information. Ces apprentissages sont d’autant plus efficaces qu’ils donnent lieu à un travail de production d’information à partir d’un travail de recherche  auprès de sources multiples, de confrontation, vérification, croisement des informations. Participer à un club journal, proposer une revue de presse régulière, produire un journal collégien ou lycéen en ligne, web-radio ou web-télévisuel, s’initier à l’usage responsable des réseaux sociaux est une excellente manière de se confronter à la culture de l’information et à la méta-culture numérique. Pour garantir à tous dans ce domaine une formation de qualité, ne pourrait-on penser qu’une éducation est insuffisante et qu’il faut envisager un enseignement, adossé aux savoirs des sciences de l’information et de la communication ? Cet enseignement scolaire spécifique, avec des horaires prescrits à tous, ne pourrait-il pas être confié aux professeurs-documentalistes ?

Cette perspective s’inscrit dans une forme scolaire dont la prégnance est très forte sur notre système  de formation, avec notamment son emploi du temps cyclique exclusivement composé d’heures d’enseignements distincts, ses élèves répartis en classes, ses enseignements dispensés selon des programmes cloisonnés et ses manuels. Jusqu’ici, cette forme scolaire était en adéquation avec la forme médiatique des mass-médias : le professeur dispensait son enseignement comme le journaliste son information dans un modèle un-tous. A partir du moment où les nouveaux médias développent le modèle un-un, l’inscription d’un nouvel enseignement  au sein de la forme scolaire traditionnelle serait-elle la réponse la plus pertinente ? En promouvant en mai 2012 la transformation des centres de documentation et d’information en centres de connaissances et de culture, le ministère de l’éducation nationale a ébauché une autre voie: il a engagé les établissements à expérimenter d’autres modes d’organisation des espaces, des temps, des ressources et des apprentissages scolaires. On sera attentif, dans cette perspective, aux lignes de force qui se dégageront des deux journées de la conférence nationale de Lyon sur l’éducation aux médias et à l’information.

Par Jean-Pierre VERAN - Cap Education
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Mercredi 15 mai 2013 3 15 /05 /Mai /2013 16:28

http://static1.ozap.com/articles/6/40/52/96/@/4097796-le-logo-de-la-tribune-diapo-1.jpgDans un entretien publié le 13 mari 2013 sur le site de la Tribune, le sociologue François Dubet dresse un bilan particulièrement sombre de l’école française.

Extraits du début de l'entretien accordé à Denis Lafay : « Qu'il s'agisse de performance, d'égalité et de climat scolaire, ce que révèlent les enquêtes internationales n'est pas flatteur pour la France. Le système souffre en premier lieu de son incapacité à se réformer  » (…) . « Le système a échappé aux politiques. L'école semble appartenir aux professionnels de l'école, attachés en premier lieu à défendre leur double sort professionnel et personnel.». « Mais l'incapacité à réformer n'est pas seule coupable. Le système éducatif est prisonnier d'un dogme : la société française confie sans limite à l'école la responsabilité de définir le destin social des individus. Presque nulle part ailleurs on observe une telle emprise scolaire, une telle indexation du devenir personnel sur l'envergure du diplôme ». (…)

« Le système des classes préparatoires est particulièrement condamnable car il interroge outre la reproduction des élites, consubstantiellement le devenir des "autres", de tous ceux qui "n'en sont pas". ». (…) « Pourquoi les grandes confédérations syndicales interprofessionnelles défendant la classe ouvrière et a priori tout à fait légitimes sur le sujet de l'école, se taisent, considérant que ce dernier "appartient" aux enseignants et donc relève des compétences des organisations corporatistes ? C'est incompréhensible, surtout quand l'école ne traite pas très bien les enfants de la classe ouvrière. (...) .

« Autrefois, les enseignants étaient les bénéficiaires de l'autorité que l'institution elle-même exerçait sur la société. Ainsi, tout comme à l'Eglise que représentait le prêtre, c'est à l'Institution - l'école, mais aussi l'Etat et la République - que l'élève faisait allégeance, l'enseignant n'étant "que" l'incarnation, le passeur d'une autorité supérieure symbole de raison et de guide.  Ce modèle s'est effondré (…), on ne croit plus avec la même innocence ni à la nation ni au progrès ni à la science, le mécanisme de promotion sociale des catégories des élites populaires vers l'enseignement a décliné au profit de classes moyennes qui se "recasent" dans l'appareil éducatif. Résultat, l'enseignant ne se sent plus empli du même devoir et des mêmes investissements à l'égard de la société.

« Le vieux modèle vocationnel républicain s'épuise, et cela affecte de nombreux métiers. Je milite pour que les enseignants soient recrutés à bac +1, formés dans des écoles professionnelles, et pour qu'ils apprennent le métier comme le font les Suédois, les Finlandais, les Japonais ou les Canadiens »

De plus, l'école républicaine autrefois avait un projet moral et éducatif : sous-jacent à l'apprentissage de savoirs, il s'agissait de former un individu à se maîtriser, à communiquer, à être responsable, bref à se construire. Ce projet moral a malheureusement disparu. Chacun revendique une école équitable, juste, productrice de bons professionnels, mais personne n'est en mesure de dessiner l'essentiel : le "type d'individu" que l'on souhaite faire éclore. ».

« Le vocable même "d'entrepreneur" est négativement connoté, tout comme l'adjectif et le substantif "libéral" alors qu'hors de l'Hexagone il porte les principes d'égalité, de justice, d'État-providence et de tolérance... La France souffre d'une sorte de "théologie scolaire", similaire à la théologie cléricale, concédant à l'État central la responsabilité d'uniformiser les process et de tout contrôler. (...) Toute tentative d'innover, de proposer des modes alternatifs d'enseignement davantage adaptés au profil des enfants, est une épreuve. Enfin, n'oublions pas le faux conflit syndicats - administration. Tous deux forment en réalité un couple et se contrôlent mutuellement, dissuadant tout - et notamment les initiatives nouvelles et audacieuses - ce qui peut remettre en question les habitudes et les convictions, aussi dépassées ou inopérantes soient-elles. Ils s'accordent à maintenir le système dans la pesanteur et l'immobilisme. Et ainsi, toute expérimentation réussie est étouffée au lieu d'être essaimée. Au moins, faites en sorte que la machine administrative ne décourage pas ceux qui entreprennent, bousculent, inventent", ai-je envie de transmettre, comme seule requête, à Vincent Peillon.

Lire le long entretien très stimulant de François Dubet sur le site de la Tribune

Par Cap Education
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Mardi 14 mai 2013 2 14 /05 /Mai /2013 19:33

http://www.educationetdevenir.fr/local/cache-vignettes/L368xH151/edjpg-1c88761c88-57d22.jpgPrésentation par Education et Devenir

Education & Devenir et la Ligue de l’enseignement ont décidé de consacrer une journée à une double approche : Morale (ou éthique) et laïcité à l’école ? Nos deux associations ont toujours prôné une laïcité tolérante, induisant ouverture et respect des autres et reconnaissant la diversité confessionnelle et culturelle. Mais l’évolution récente des sociétés européennes, avec leur multiculturalisme et l’apparition des communautarismes parmi les populations réinterroge nos positions communes. Le vote récent de la loi de programmation installe « un enseignement moral et civique » qui devrait remplacer, à l’école, l’éducation civique.

Il s’agit donc pour nous de re-questionner les concepts de laïcité et de morale à l‘école, en nous appuyant sur les expériences d’autres pays développés, sans oublier que la France est le seul pays vraiment laïque au monde. Comment donner aux jeunes et futurs citoyens des éléments communs de culture et de citoyenneté, des codes moraux qu’ils puissent accorder avec leurs repères familiaux ? Comment apprendre à vivre ensemble, au moment où les tendances centrifuges et d’enfermement sur soi sont plus que jamais présentes ? Comment, par une palette diversifiée d’actions passant par les programmes, les règlements intérieurs, les méthodes pédagogiques, etc., et non pas par une nouvelle « discipline » scolaire, bâtir dans et hors l’école une véritable éducation à la citoyenneté ?

Vous trouverez sur le site d'Education le programme et la fiche de d’inscription.

Par Cap-Education.fr
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