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Sur l'autonomie des établissements. Conférence AFAE Toulouse

Publié par Cap Education - AFAE Toulouse sur 25 Janvier 2015, 11:00am

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A l'invitation de l'Association Française des Acteurs de l'Education et de la DAFPEN de Toulouse, Jean-Christophe TORRES a fait une conférence - qui a réuni 90 personnes - sur le thème de l'aunomie des établissements scolaires. Voilà une synthèse de son propos. 

Il est des sujets, dans le domaine éducatif, qui suscitent plus que d’autres des interrogations : tant la distance entre la réalité constatée et les représentations formalisées semble édifiante. La question de l’autonomie des établissements publics locaux d'enseignement (EPLE) est très clairement de celles-là.

Actée historiquement par le décret du 30 août 1985, elle s’impose comme un préalable juridique sur lequel a priori tout semble dit et écrit. Il y a bien, formellement et aux yeux de la loi, une autonomie des collèges et des lycées, décrétée dès les origines du statut même d’EPLE. Pourtant, cette autonomie proclamée ne cesse d’interroger les professionnels, d’interpeler les usagers, de « titiller » les décideurs publics. Les acteurs de terrain, tout d’abord, ne saisissent pas précisément où la situer, comment la faire exister et l’inscrire dans l’exercice de leurs missions. Les usagers, ensuite, nourrissent parfois vis-à-vis de l’institution scolaire des attentes de « service public » - choisir un établissement, demander pour leur enfant des prises en charges spécifiques… - qui sont administrativement objets de nombreuses frustrations. Les instances ministérielles, enfin, ne savent finalement pas comment aborder ce sujet d’une notion non initialement conçue pour être entendue au pied de la lettre, d’abord posée pour faire advenir une articulation maîtrisée entre déconcentration et décentralisation.

Car là est bien l’origine de ce malentendu qui perdure et s’aggrave avec le temps et l’évolution des besoins éducatifs. Initialement – dans les années 1983 et 1985 -, l’autonomie des établissements scolaires devait servir une décentralisation maîtrisée, où l’Etat gardait un contrôle étroit et direct sur les missions déléguées aux collectivités par l’entremise d’une déconcentration conséquente.

Les EPLE sont nés de cette exigence qui visait alors à l’instauration d’une double tutelle : tutelle administrative des instances déconcentrée, tutelle fonctionnelle des départements et des régions. L’autonomie ainsi conçue n’était donc pas une fin mais un moyen : non pas mise en œuvre d’une gestion pédagogique locale mais organisation rapprochée du contrôle de tutelle en lien avec les délégations consenties.

Un monde complexe

Mais l’évolution sociale a finalement dépassé l’intention originelle. La massification des publics scolaires, la diversification des contextes éducatifs, la complexification croissante des exigences de formation imposent désormais une mise en œuvre plus authentique de cette autonomie formelle. La nécessité s’impose d’adapter les prises en charge éducatives à l’hétérogénéité croissante des élèves dans des classes qui sont supposées tous les accueillir et les accompagner, de gérer de manière plus efficiente des ressources et des compétences diverses. Parce que le monde dans lequel nous vivons est plus complexe qu’il ne l’était en 1980, parce que la mondialisation et « l’économie de la connaissance » imposent des niveaux de qualification exigeants et généralisés, l’Ecole ne peut plus être gérée de manière standardisée. La simplicité du centralisme administratif, expression culturelle de la grandeur passée de la France qui marque la continuité entre « l’Ancien Régime » et la République, doit évoluer vers davantage d’adaptabilité et de gouvernance locale. Cette urgence impose de repenser conséquemment les métiers de l’éducation : et travers eux la pédagogie, enfin ouverte au numérique et à des approches différenciées.

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