Cap-Education.fr

Revue numérique des professionnels de l'éducation


Refondation: quels changements pour les collèges à la rentrée 2013 ?

Publié par Cap Education sur 2 Septembre 2013, 23:00pm

http://circvaldereuil.spip.ac-rouen.fr/local/cache-vignettes/L150xH104/sans-titre-17-40406.pngParcours individualisés

Si la perspective est de « repenser le collège unique » et de faire évoluer le diplôme national du brevet (DNB), à la rentrée 2013 peu de changements se dessinent. La rupture concerne les dispositifs d’initiation aux métiers par alternance (DIMA) qui sont supprimés pour les élèves de moins de 15 ans, les internats d’excellence sont appelés aussi à disparaître car la recherche de l’excellence doit concerner tous les élèves et tous les internes. Le socle commun rebaptisé « socle commun de connaissances, de compétences et de culture » (article 13) sera redéfini et le livret personnel de compétences – face à la critique nourrie – sera simplifié pour faciliter le travail d’évaluation des équipes pédagogiques.

La loi reprend à plusieurs reprises la notion de parcours, les établissements devront mettre en place : un parcours santé avec l’obligation d’organiser un dépistage en 6 ème « des troubles spécifiques du langage et de l’apprentissage » (article 6), trois séances par an d’éducation à la sexualité ;  un « parcours individuel d’information, d’orientation et de découverte du monde économique et professionnel » (article 47) qui succède au PDMF et un parcours artistique et culturel. Les EPLE devront également consacrer un volet de leur projet d’établissement à l’inclusion des élèves en situation de handicap.

La seule véritable nouveauté concerne « l’échelon européen et international» avec l’objectif « souhaitable » de faire bénéficier chaque élève au moins d’un séjour à l’étranger pendant sa scolarité au collège ; « la mobilité apprenante » pourra prendre la forme « d’un partenariat scolaire, d’un stage ou d’un séjour à l’étranger. La mobilité virtuelle sera favorisée ». Parallèlement, le développement de l’Ecole numérique appelle à renforcer la sensibilisation des élèves à l’usage d’internet et des réseaux, au respect de la vie privée ou de la propriété intellectuelle (article 38), les professeurs documentalistes sont désignés comme les premiers formateurs.

Deux mesures clé

La liaison Ecoles-Collège est au cœur de la réforme, les établissements devront donc mettre en place « un conseil école-collège » (article 57) - le décret a été publié - et imaginer dans ce cadre des actions communes, des projets pédagogiques et, sur la base du volontariat, des échanges de pratiques ou de  professeurs. L’ensemble du projet sera soumis à l’approbation du conseil d’administration ou aux conseils des écoles. La loi institutionnalise en fait des pratiques existantes, les liens entre le premier degré et les collèges ont été renforcés dans le cadre des bassins d’éducation.

La mesure la plus symbolique est connue : il s’agit d’introduire de l’école primaire au lycée « un enseignement moral et civique » dans l’objectif de faire acquérir aux élèves « le respect de la personne, de ses origines, de ses différences, de l’égalité entre les femmes et les hommes ainsi que la laïcité » (article 41). Pour les collèges, la mise en œuvre en 2015 sera simple car il existe déjà un enseignement d’éducation civique assuré par les professeurs d’histoire-géographie. Enfin, les établissements publics locaux (EPLE) auront l’obligation de faire flotter sur leurs édifices les drapeaux français et européen et d’afficher dans leurs locaux la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Préventions plurielles

Concernant la vie scolaire, la continuité s’impose, les EPLE devront œuvrer pour « améliorer le climat scolaire » pour « refonder une école sereine et citoyenne » en prévenant et en traitant les problèmes de violence et d’insécurité. Chaque établissement devra s’engager dans un plan de prévention du harcèlement qui sera présenté pour approbation au conseil d’administration. La lutte contre le décrochage scolaire suppose une vigilance particulière, les actions pour prévenir l’absentéisme devront être inscrites dans « le projet d’établissement ». La circulaire de rentrée indique que les EPLE devront, en relation avec les collectivités territoriales,  mettre en place « un espace parents », le principe de coéducation est donc clairement affirmé, la logique de sanction est abandonnée au profit d’une démarche d’accompagnement collectif et individuel. Pour faire face aux situations d’absentéisme prolongé, le principal devra désigner « un référent » qui fera le lien entre la famille et l’établissement. La note de vie scolaire n’est pas mentionnée mais elle est vraisemblablement appelée à disparaître dans le cadre de la réforme du DNB.

Orientation et mixité sociale

La loi introduit la possibilité d’expérimenter dans plusieurs académies de nouvelles modalités d’orientation pour que la décision finale, après avis du conseil de classe, « revienne aux responsables légaux de l’élève » (article 48). Dans la même logique, le redoublement doit devenir « exceptionnel » et les EPLE seront sollicités pour développer les programmes personnalisés de réussite éducative, imaginer des solutions alternatives et des dispositifs de pédagogie différenciée. Le redoublement est clairement identifié comme une source de démobilisation et de décrochage scolaire. La réforme du collège unique l’actera. Les enseignants devront aussi abandonner une notation sanction pour lui substituer une évaluation positive, bienveillante et davantage ciblée sur le repérage des acquis.

L’école du socle se met donc en place, la refondation pédagogique sera le levier de la refondation du collège unique. La mixité sociale, avec la possibilité de répartir les élèves entre plusieurs collèges à l’intérieur « d’un même périmètre de transport urbain » (article 20) et l’équité entre les établissements de l’éducation prioritaire et les autres redevient deux exigences fortes. Enfin, on notera que ni la loi ni la circulaire de rentrée ne font référence à l’accompagnement éducatif (AE), loi elle souligne seulement la nécessité pour les EPLE de disposer d’une marge accrue d’autonomie sur leur dotation globale horaire (DGH), les heures d’AE seront donc vraisemblablement intégrées dans ce budget à l’avenir.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents