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Projet d'établissement et refondation de l'Ecole

Publié par Jean-Pierre VERAN - Cap Education sur 17 Avril 2013, 10:13am

http://www.clg-fontreyne.ac-aix-marseille.fr/spip/IMG/rubon3.jpg?1288900757Inscrit dans la loi d’orientation de 1989, conforté par celle de 2005, le projet de l’établissement est l’expression la plus claire de la politique de formation de chaque collège, lycée et lycée professionnel. On se fondera ici sur  deux exemples choisis dans des lycées. Avant de se lancer dans l’élaboration d’un nouveau projet, à partir de quels éléments travaille-t-on ? Le contexte politique est fourni par la loi d’orientation (celle qui est en vigueur, et celle en cours de discussion au parlement), par le projet académique en cours, par le contrat d’objectifs qui lie l’établissement et l’académie. A l’échelle de l’établissement, on dispose du projet arrivé à terme, des rapports annuels d’activité et de performance présentés au conseil d’administration, des comptes rendus des débats conduits au conseil pédagogique comme au conseil pour la vie lycéenne et au comité d’éducation à la santé et à la citoyenneté. Mais, au delà des textes produits, il importe d’associer les personnels, tous les personnels, les élèves et les parents à un travail d’échange et de réflexion partagée sur le bilan de ce qui a été accompli.

On a pu, au cours de cette année scolaire, observer combien pouvait être productive un mode de  travail où, pendant une demi-journée, les différents acteurs de l’établissement travaillent en groupes multi-catégoriels sur des thèmes d’intérêt commun, et, pendant une autre demi-journée abordent les résultats de ces échanges en groupes « métiers » homogènes. On a été frappé notamment par le fait que certains groupes de travail multi-catégoriels portant sur  le vivre ensemble, la participation et l’engagement des élèves, le cadre de travail et les abords de l’établissement, la diversité des élèves et les nouvelles approches de cette diversité, ont choisi comme rapporteurs des élèves, et que les groupes qui n’ont pas choisi de le faire ont souligné la pertinence de la parole lycéenne. Avec le matériau dégagé au cours d’une telle journée, on a de quoi composer des groupes de travail qui vont approfondir les axes qui se sont dégagés. Il importe que ces axes de travail restent fédérateurs, en évitant de reconstituer à travers eux les séparations et cloisonnements professionnels traditionnels : on évitera d’avoir ainsi un axe pédagogique et un axe éducatif, un axe santé-social et un axe entretien-gestion. On privilégiera des entrées qui suscitent le rassemblement de compétences diverses. Ainsi, dans un lycée, a-t-on proposé de travailler en ateliers sur réussite des élèves, parcours de formation et orientation, préparation aux études supérieures, lycée numérique et TICE, santé citoyenneté et vie de l’élève, ouverture internationale et partenariats, parcours culturels, politique documentaire et autonomie de l’élève. Un comité de pilotage associant les représentants des différentes  parties prenantes propose à partir de là des orientations, dont le conseil pédagogique tire des axes qui sont à nouveau soumis à concertation, au travers de réunions du conseil pour la vie lycéenne, du comité d’éducation à la santé et à la citoyenneté, de rencontres avec les personnels de service et les parents.

A la suite de cette consultation,  les axes du projet seront présentés en assemblée générale de personnels, puis en commission permanente et au conseil d’administration. Dans un établissement où cette concertation est en cours, on est frappé par le fil conducteur qui donne au projet sa pleine cohérence fédératrice : il s’agit des élèves et de leur réussite. On perçoit alors combien l’idée de « mettre l’élève au centre », qui fit tant de bruit en 1989, ne signifie pas placer les savoirs à la périphérie mais constitue une entrée pleinement fédératrice pour tous les acteurs de la formation et de l’éducation des élèves. Par exemple, les axes retenus à l’issue de ce processus de concertation pour le projet de ce lycée polyvalent portent sur la personnalisation du parcours de l’élève, sur le développement du numérique au service de tous les acteurs de la communauté éducative et de ses partenaires, sur l’espace et l’emploi des temps de l’élève au service d’une citoyenneté éclairée. Dans un tel projet, les professeurs d’enseignement général et professionnel, les professeurs documentalistes, les personnels d’éducation, d’orientation, de santé, sociaux, administratifs et de service, les élèves et les parents peuvent se sentir concernés par chacune des entrées et non par une entrée exclusive.

Pour y parvenir, la direction de l’établissement n’a pas ménagé les temps de réunion, d’échange, de réflexion, avec le souci d’associer le maximum de participants à la réflexion, de faire émerger le maximum de propositions. Elle a employé tous les moyens disponibles de gouvernance démocratique. Elle a ainsi gagné en autorité légitime, auprès des élèves, parents et personnels, comme auprès de l’autorité académique ou de la collectivité territoriale de rattachement qui savent que le projet de l’établissement n’est pas un document formel, confidentiel, mais l’expression de la volonté d’une communauté éducative. La mise au point d’un contrat d’objectifs entre l’établissement, l’autorité académique et, « le cas échéant », le conseil régional s’en trouve transformée : lors des échanges, le chef d’établissement et son équipe sont porteurs de l’engagement concret d’une communauté éducative autour d’un projet fédérateur, et le dialogue constructif en sort renforcé. La refondation de l’école n’est pas une utopie. Par cette démarche collaborative, participative,  d’élaboration du projet de l’établissement, certains établissements y sont déjà engagés.

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