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Quelle autonomie pour l'établissement scolaire ?

Jean-Christophe TORRES

 

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Mercredi 5 décembre 2012 3 05 /12 /Déc /2012 10:00

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/a/ab/Bundesarchiv_B_145_Bild-F079064-0006,_Bonn,_Gymnasium.jpg/290px-Bundesarchiv_B_145_Bild-F079064-0006,_Bonn,_Gymnasium.jpgL’administration éducative possède une caractéristique éminente, contraignante à plusieurs égards, et génératrice de multiples effets. Le service public repose fonctionnellement, en cette occurrence majeure qu’est l’école, sur trois pieds d’inégales dimensions : le socle du pédagogue, celui de l’administrateur et celui des usagers. Hypertrophié, celui du pédagogue l’est en son fondement propre, convaincu par lui-même de la hauteur de sa mission, de l’exactitude de ses jugements sur le fonctionnement avéré et attendu de l’école. De son point de vue, son rôle constitue bien l’alpha et l’oméga du système : « je suis au centre du fonctionnement éducatif, ma mission est première tout autant que dernière » s’exclame le fonctionnaire infatué de son rôle. L’intendance suivra, ajoute-t-il pour le compte de l’assise administrative.

Mais cette dernière ne l’entend pas, ces derniers temps, d’une oreille servile : les « moyens » ne sont plus, en effet, subordonnés aux fins éducatives. Crise oblige, il convient de réhabiliter l’usage efficient des ressources aux profits d’un service public soucieux de ses dépenses autant que de ses résultats. Les administrateurs ont leur revanche, disant à cette occasion historiquement unique tout le mal qu’ils pensent des pédagogues dispendieux. Ce second socle du dispositif prend de l’épaisseur, conforte son assise, installe dans les esprits ses exigences d’équilibre. Car l’éducation est bien aussi une question de moyens : et les fins, désormais, s’adaptent aux ressources. « Je détermine par mes actes le fonctionnement de la machine éducative, je légifère et ordonne les dépenses opportunes dans l’intérêt enfin bien compris de tous », pérore l’administrateur revanchard. Mais les usagers, face à ce spectacle, se désolent et s’avouent dépassés. « Qu’en est-il, finalement, de l’éducation de nos enfants ? Quelle peut être l’issue d’une telle dualité où fins et moyens de l’éducation confrontent des exigences qui devraient converger ?


Pourquoi cette querelle là où, au bout du compte, tout se confond dans l’acte éducatif : insécable par essence, point de fusion des ressources et des méthodes, des objectifs scolaires et des instruments pédagogiques. Car tout est pédagogie, indissociablement et principiellement, lorsqu’il s’agit de porter l’enseignant dans ses missions. « L’administration » ne serait donc ici qu’une commodité fonctionnelle, les frontières accentuées artificieusement par la volonté des acteurs ne tiendraient pas sur le terrain invisible des services rendus aux élèves. Point de ligne de faille, donc, ni de crête infranchissable entre le travail avec les élèves et la juste répartition des ressources. Car ce sont des consciences en devenir d’elles-mêmes qu’il s’agit d’accompagner. Et le service rendu n’est pas, ne peut être, strictement utilitaire, ponctuel ou pragmatique. Eduquer, c’est comme l’indique une terminologie éclairante « élever » l’enfant à sa destination d’adulte, impulser la dynamique de la conscience citoyenne dans le sommeil des premiers âges : introduire enfin à la vie collective, dans l’apprentissage de relations qui ne sont pas, comme l’est la famille, fondées sur l’affectivité et les sentiments.

Le troisième pied de cette assise improbable qu’est le socle éducatif est donc bien le plus essentiel. Car c’est par les attentes et les besoins des usagers que « tient » littéralement l’organisation bien réglée du dispositif. C’est sur la stabilité de cette troisième base que prend place la pérennité de l’installation. Et les usagers, en un tel sujet, sont indissociablement des acteurs : l’éducation de l’école n’étant que le prolongement et la résultante de l’éducation familiale. Parents et enseignants s’appuient les uns sur les autres, fondent la justesse et l’efficacité de leurs actions dans la convergence de principes assumés et d’habitudes transposées. Tel doit être, en tout état de cause, l’équilibre recherché de tout socle éducatif. L’assise de l’administration ne peut qu’étayer de ses forces instrumentales une relation partagée d’accompagnement scolaire.


Le triangle pédagogique est donc bien une réalité : il existe authentiquement trois fondements distincts pour une même action, trois foyers pour un centre unique. La stabilité de l’ensemble tient alors au mouvement permanent et réciproque qui anime conséquemment les éléments du dispositif, la circulation des forces et des ressources qui passe des uns aux autres. A la fois au-dessus de cette architecture et impliqué par elle, l’élève est en même temps acteur et destinataire de ce flux, contributeur et bénéficiaire. Figure géométriquement instable, le triangle éducatif n’en reste pas moins efficace parce que dynamique, agissante parce qu’inter-agissante.

Par Jean-Christophe TORRES, Cap-Education.fr
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