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Pour une école innovante. Rapport du CNIR

Publié par Jean-Marc ROBIN - Cap-Education.fr sur 17 Novembre 2014, 20:51pm

http://jacques.casari.free.fr/capconcours/prog/2003/socrate.gifDiagnostic sans concession

Le sociologue Didier Lapeyronnie, président du CNIR, a remis son rapport à la ministre de l’Education Nationale le 10 novembre 2014. Dans la petite cinquantaine de pages on trouvera d’abord un diagnostic sans concession de l’état de l’Ecole et de nombreuses pistes pour impulser un véritable changement. Les travaux de la Commission pour l’Innovation et la Réussite Educative ont été fortement inspirés par les recherches de François Muller et Romuald Normand (Ecole: la grande transformation ?). A vrai dire, les différents experts sont assez d’accord sur ce qu’il convient de faire pour fabriquer une école bienveillante, accueillante, performante et innovante : il faut faire confiance aux professionnels, développer la formation et les compétences collectives, soutenir l’innovation et les innovateurs. Il faut en somme « débureaucratiser l’Ecole »,  « encapaciter » les acteurs locaux et les responsabiliser ; les anglosaxons parleraient d’empowerment et d’accountability.

Faire confiance cela passe, par exemple, par la transformation du rôle des hiérarchies intermédiaires: les corps d’inspection devraient avoir un rôle d’accompagnement et d’incitation plutôt qu’un rôle tatillon de contrôle de la conformité aux programmes ou à la dernière circulaire. Mais la confiance ne suffit pas il faut aussi rendre le travail collectif possible et l’inscrire dans l’emploi du temps des équipes, il convient encore de soutenir les innovateurs dans leurs efforts (y compris en les récompensant financièrement) sans oublier de recruter préalablement des enseignants… et des personnels de direction déjà dotés d’un habitus du mouvement !

25 Propositions

Au final, le CNIR met en débat 25 propositions bien plus ambitieuses que celles du think tank Terra Nova. Certaines peuvent faire sourire : « Mettre en place une cérémonie d’accueil pour sensibiliser les nouveaux enseignants et personnels à l’éthique », le rapport fait ici référence au serment de Socrate sans préciser qu’il s’agit d’une pratique importée de Belgique; d’autres idées en revanche en disent long sur l’inertie du système éducatif : « réorganiser la semaine type des enseignants et des acteurs de l’éducation afin de créer de la souplesse. Utiliser les instances existantes pour promouvoir les temps de concertations et d’échanges avec les élèves » ou encore « Installer la bienveillance, (…) sensibiliser à sa mise en pratique ».

Quant aux personnels de direction, on leur demande d’être davantage au contact des élèves par des activités de formation - petit clin d’œil cette fois à l’Allemagne - et on les invite à abandonner la fonction de président du conseil d’administration de leur établissement au profit d’un membre élu parmi les partenaires de l’Ecole. L’approche du CNIR se veut pragmatique et s’appuie sur une conviction : la débureaucratisation et la professionnalisation des acteurs sauveront l’Ecole Républicaine mais la question qui fâche n’est pas posée : qui est le plus capable d’impulser ces changements sur le terrain: l’Etat ou le marché ? L’incapacité de notre pays  ou du Politique à construire du consensus - soulignée d’ailleurs par Didier Lapeyronnie et de nombreux chercheurs en sciences sociales - n’induit-elle pas déjà la réponse ? 

Lire aussi le billet de Jean-Pierre VERAN qui insiste sur les multiples cloisonnements de l'Ecole française.

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