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Jeudi 1 novembre 2012 4 01 /11 /Nov /2012 18:41

http://www.mollat.com/cache/Couvertures/9782849241806.jpgFrançois Perdir est principal d’un collège de 500 élèves et ancien professeur de lettres [1]. Dans son ouvrage Principal du secondaire (Editions du Cygne, Mars 2010) il décrit mois après mois le métier de chef d’établissement : discours de rentrée, préparation du budget, discussion autour de la répartition de la DGH [2], voyage scolaire, conseil d’administration consacré au compte financier, constitution des classes pour la rentrée suivante, … aucune étape qui scande la vie d’un établissement n’est laissée de côté. Mais le plus intéressant ce sont les entretiens avec les personnels, les élèves ou les parents d’élèves qui dévoilent le cœur du métier : le chef d’établissement est tout à la fois un directeur des ressources humaines, un juge de paix chargé de l’ordre scolaire et un pédagogue qui doit conseiller, remobiliser, orienter et protéger les scolarités des élèves [3].

 

Le chef d’établissement ne travaille pas seul, il peut généralement compter sur une équipe de bons professionnels : secrétaires, gestionnaire, conseiller principal d’éducation, assistants d’éducation, ouvriers et agents de services, professeurs, infirmière, assistante sociale, conseiller d’orientation,… néanmoins la responsabilité ne se partage pas, c’est au chef d’établissement qu’on demandera des comptes si les résultats de son établissement ne sont pas conformes « aux résultats attendus » et c’est sa responsabilité juridique qui sera engagée notamment en cas d’atteinte à la sécurité des biens et des personnes. François Perdir insiste également sur le couple chef – adjoint et sur l’impérieuse obligation de solidarité et de confiance partagée.

 

L’ouvrage de François Perdir sera particulièrement utile aux candidats au concours de personnel de direction notamment parce qu’ils pourront comprendre l’organisation d’une année scolaire, se familiariser avec tout un univers professionnel et son lexique (DHG, compte financier, PAI, …) mais aussi vivre de l’intérieur les doutes et les questionnements d’un chef d’établissement. La principale qualité de Principal du secondaire c’est la sincérité de l’auteur qui ne cherche pas à se mettre en valeur mais à décrire un métier et ses épreuves subjectives: des relations artificielles et distanciées avec ses collègues, le peu de reconnaissance des familles ou des élèves, le regard oblique d’une hiérarchie focalisée sur les indicateurs quantitatifs et la frustration de ne pas pouvoir impulser le changement aussi loin qu’on le souhaiterait.

 

Si les candidats au concours peuvent apprendre beaucoup, les personnels de direction pourront être souvent agacés par la tonalité d’ensemble de l’ouvrage qui manque d’enthousiasme et n’interroge pas suffisamment le rôle des personnels de direction dans le succès ou les difficultés de leur établissement. François Perdir incarne une façon d’être chef d’établissement, il refuse d’être un manager, on peut lui reprocher de vouloir au fil des 256 pages tracer une ligne de démarcation entre les « humanistes » qu’il incarnerait et les autres tentés par le management. Finalement l’ouvrage de François Perdir révèle en creux la question de l’identité professionnelle des chefs d’établissements et le besoin de conduire une réflexion collective approfondie sur ce thème.

 

On ne remerciera pas assez notre collègue d’avoir consacré du temps, de l’énergie et du talent - l'ouvrage est bien écrit et plaisant à lire - pour nous faire vivre une année dans « la peau d’un chef d’établissement ».

 

Le principal du secondaire. François Perdir. Editions du Cygne. (Mars 2010, 23 euros)

[1] François Perdir - on s’en doute - est un nom d’emprunt, si au début de l’ouvrage on pouvait penser qu’il s’agissait pour lui de se protéger des « foudres » de son administration qu’il n’allait sans doute pas ménager, le contenu du livre nous laisse davantage entrevoir la volonté de se protéger du regard de ses collègues pour pouvoir faire le récit des épreuves subjectives du chef d’établissement.

[2] Dotation Globale Horaire : volume d’heures délégué par l’inspection académique qui permet d’assurer les enseignements pour un année scolaire.

[3] Le récit d’un conseil de discipline et des commissions de vie scolaire sont éclairants sur ce sujet.

Par Jean-Marc ROBIN - Cap-Education.fr
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