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Jeudi 18 avril 2013 4 18 /04 /Avr /2013 19:00

La revue Regards Croisés sur l’Economie (RCE) consacre un numéro à l’Ecole. Elle a fait appel aux meilleurs spécialistes : Dubet, Blaya, Merle, Prost, Auduc, Lelièvre, Bressoux…L’ensemble se compose de 16 chapitres et de quelques encadrés très utiles. La richesse de l’ouvrage peut être difficilement résumée, nous l’illustrerons par quelques contributions.

Dans le premier chapitre l’économiste Yan Algan rappelle que l’éducation est une source importante de la croissance économique, non seulement l’éducation augmente la productivité individuelle et les revenus des salariés qualifiés mais elle crée aussi des externalités positives, les innovations développées par une main d’œuvre éduquée se diffusent à l’ensemble de l’économie. Toutefois, les cycles d’enseignement ne jouent pas le même rôle : l’accès au primaire ou au secondaire favorise l’adoption des technologies existantes ; l’enseignement supérieur et la recherche permettent de développer les capacités d’innovation. Pour Yan Algan il faut distinguer les capacités cognitives et les capacités non cognitives (esprit d’ouverture, capacité à coopérer, stabilité émotionnelle,…), il souligne que « les pays où les enfants n’apprennent pas à travailler en groupe à l’école, avec des méthodes verticales d’enseignement, ont aussi une organisation verticale de l’entreprise. Or ce mode d’organisation est très mal adapté aux économies modernes de l’innovation qui reposent sur l’organisation horizontale du travail ». (p.28). Les élèves finlandais ou danois, parce qu’ils travaillent plus souvent en groupe, sont plus enclins à partager leurs idées, à penser qu’ils progresseront plus vite ensemble et font davantage confiance aux autres, à l’Ecole et aux Institutions en général. Pour la France, le constat est sévère : aux méthodes d’enseignement verticales s’ajoute une dépense d’éducation supérieure à la moyenne des pays de l’OCDE alors que ses résultats sont inférieurs à la moyenne. Par ailleurs, la France se signale par un effort d’investissement inégal : l’enseignement primaire est sous doté, en 2010 la dépense par écolier est de 5.730 euros contre 9.670 euros pour un collégien ou lycéen ; dans l’enseignement supérieur les inégalités persistent: un élève de classe préparatoire coûtait en moyenne 15.240 euros contre 10.180 euros pour un étudiant fréquentant l’Université ou un IUT. Quand on sait qu’un élève sur deux de classe préparatoire a un père cadre ou professeur on comprend pourquoi on a pu parler de redistribution à l’envers, l’Etat investissant plus pour les élèves issus des milieux favorisés.

Dans un encadré concernant la taille des classes, Arthur Jurus et Laurent Musine, confirment que dans l’enseignement primaire il existe un impact positif sur la performance scolaire, chaque élève en moins favorise une amélioration des acquis, cela reste vrai pour le collège mais l’effet est très faible en lycée : la réduction d’un élève par classe aurait un impact environ deux fois plus faible au collège qu’en primaire, et environ trois fois plus faible au lycée qu’au collège. Les auteurs précisent toutefois que les classes les plus défavorisées et les élèves les moins performants sont plus sensibles à la taille des classes.

Le chapitre consacré au redoublement par les économistes Robert Gary-Bobo et Jean-Marc Robin livre des constats tranchés : à diplôme comparable, les élèves qui ont redoublé ont plus de difficultés que les autres de trouver un emploi et ont un salaire significativement inférieur, « ceux qui redoublent une année pour réussir un diplôme font en moyenne une opération blanche » (p. 109). Les auteurs concluent logiquement – et on pourrait dire froidement - que « le redoublement est une manière socialement coûteuse, inefficace à long terme, de réaliser les fonctions d’éducation et de sélection, il faudrait mieux organiser des cours de soutien adaptés et orienter les élèves correctement. L’orientation est bien sûr une forme de sélection qui évite en plus de prolonger inutilement les séjours des individus dans le système scolaire ». (p.110-111).

D’autres chapitres tout aussi intéressants mériteraient d’être évoqués, on invitera donc les lecteurs qui ne connaissent pas ou connaissent mal les travaux de Pierre Merle sur la notation ou de Pascal Bressoux sur l’effet classe ou l’effet maître de lire cet ouvrage très accessible. Toutes les enquêtes confirment, en effet, l’impact des pratiques pédagogiques ou d’évaluation des enseignants sur les apprentissages des élèves. Voilà un livre pour les candidats au concours de personnel de direction qui souhaitent, dans la perspective de l’oral, enrichir leurs connaissances factuelles et théoriques sur l’Ecole. Les futurs cadres doivent savoir prendre de la « hauteur par rapport au terrain », cet ouvrage sera un outil précieux pour le faire.

L'école, une utopie à reconstruire. Regards croisés sur l'Economie, n°12, Février 2013, 16 Euros

Par Jean-Marc ROBIN - Cap Education
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